La métamorphose de l'art imprimé

Lieu

Edition VFO
Verena–Conzett–Strasse 7
8004Zürich
Switzerland

Dates

-

Artistes

  • Alfredo Aceto
  • Philippe Decrauzat
  • Valérie Favre
  • Sylvie Fleury
  • Louisa Gagliardi
  • Olivier Mosset
  • Carmen Perrin
  • Denis Savary

Curateurs

  • David Khalat
  • Bernard Vienat

L'exposition "La métamorphose de l'art imprimé. Zeitgenössische Westschweizer Editionen und serielle Unikate" présente dix-sept nouvelles œuvres de trois générations d'artistes de Suisse Romande qui explorent la question de ce qu’est aujourd'hui l’édition d’art, l'art imprimé et le multiple. Conçue comme un projet d’échange national par David Khalat, directeur de l’association zurichoise Edition VFO, et Bernard Vienat, directeur de l'association genevoise art-werk, elle reflète une scène artistique romande en pleine effervescence, qui par la provenance des artistes ou leurs lieux de résidence reflètent en même temps le local et le global.

La métamorphose annoncée par le titre se décline dans une vaste diversité de médias et de supports, certains parfois à la limite de l’oubli, d’autres à la pointe technologique. Si le potentiel de reproduction marque une forme de démocratisation des pratiques artistiques qui permet l’acquisition d’œuvres d’artistes renommés par un large public, elle permet aussi aux artistes de jouer avec la question du tirage limité, de l’unique et d’expérimenter une large palette de techniques. Du « feu » Cibachrome à la linogravure, de la sérigraphie à l’impression jet d'encre, de la gravure aquatinte au collage ou à la sculpture thermoformée, l’exposition offre une (re)découverte d’un ensemble de pratiques utilisées pour certaine depuis la Renaissance, les débuts du pop-art ou simplement depuis peu.

Valérie Favre edition
Valérie Favre - Als eine abstrakt Komposition über „Ein Zimmer für sich allein“, 2019, 42 x 29,5 cm Screenprint, gouache and collage of Reclam pages mounted on screenprtined cardboard

L’exploration du potentiel technique aboutit à de surprenants résultats conceptuels et esthétiques. Alfredo Aceto a conçu une série de grandes cravates en feutre, conçues comme des objets muraux. Chacune muni d'une épingle différente, choisie par l'artiste, rappelle autant l’héritage de Beuys par sa matérialité, que de celui du ready-made.

Philippe Decrauzat présente trois nouvelles séries d'œuvres qui font référence à son dernier film mettant à l’honneur le Pavillon de Barcelone de Mies van der Rohe. On y découvre onze œuvres Cibachrome uniques, vingt-deux extraits différents d’une image entourée d’un énorme passe-partout et une image jet d'encre, composition géométrique et abstraite de la bobine du film.

Jouant avec la spécificité de la scène artistique zurichoise et de l’histoire politique suisse, Valérie Favre a réalisé deux nouvelles œuvres, à la fois collages et sérigraphies, qui explorent la thématique du genre en examinant de prêt les œuvres et le parcours de Virginia Woolf et de Max Bill.

Dans la lignée d’œuvres réalisées en 1997 pour une exposition personnelle au Migros Museum de Zurich, Sylvie Fleury a conçu quatre grandes bannières de couleurs différentes, en très petits tirages Chacune d’elles, sérigraphiées et rivetées à la main, portent un slogan, maintenant bien connu dans l’œuvre de l’artiste : "She-Devils on Wheels".

Louisa Gagliardi joue aussi avec le processus de reproduction en utilisant le digital sans pour autant déboucher sur des images complétement identiques. Vectorisées, travaillées en couleurs, les images deviennent dessins informatiques, pour finalement être retouchées à la main après impression.

Louisa Gagliardi Edition
Louisa Gagliardi - Pique-nique Sauvage 1, 2019, 16 x 36 cm, Inkjet on Chromolux cardboard, painted with nailpolish

Par contraste, suivant une tradition héritée du modernisme, Olivier Mosset représente en sérigraphie une grille dorée - cette grille minimaliste, archétype de l'art abstrait du XXe siècle, fait référence à un projet d’intervention artistique in situ réalisée dans la région du Barolo en Italie.

Dans un médium presque aussi ancien que la sérigraphie, Carmen Perrin a réalisé une gravure aquatinte. De manière presque tautologique, rappelant l'effet de l'acide sur la plaque de cuivre, elle a inscrit le mot "ACIDES" et joué avec les lettres avec un fin dégradé : une véritable prouesse technique qui rappelle que la gravure est un art en soi.

Finalement, Denis Savary a choisi de réaliser deux grandes éditions, qui flirtent toutes avec l’original et font référence respectivement à l’écrivaine Corinna Bille et à Salvador Dalí. On découvre d’une part une gigantesque fraise noire, symbole érotique déjà utilisé par Jérôme Bosch dans ses tableaux. Matérialisées en plastique thermoformé et toutes peintes une à une à la main, elles remettent en question leur statut de multiples tout en soulignant leur aspect iconique. Les différences entre les cinq parasols que Savary a réalisé en linogravure est encore plus marquée. Jouant sur les couleurs que Dalíavait utilisées pour créer le logo des sucettes Chupa Chups, il produit comme certains pops artistes des variations d’impressions entièrement différentes du même motif. Une forme de retour à l’unique.

Un catalogue bilingue (all., fr.) entièrement illustré sera publié fin janvier aux éditions Verlag für Moderne Kunst, Vienne, avec des contributions du Dr. Christian Rümelin (directeur du Cabinet d'arts graphiques, Genève et président de la Société graphique suisse), Dr. Laurence Schmidlin (conservatrice du Musée Cantonale des Beaux-Arts, Lausanne), David Khalat et Bernard Vienat (op. cit.). Une partie de l'exposition sera également présentée à Genève fin janvier 2020 dans le cadre d’Art Genève.